Obvie

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Obvie, 2013

Vidéo de 8 min 56

Obvie signifie ce qui est évident, ce qui tombe sous le sens. Le conflit qui persiste en Israël et en Palestine depuis des décennies offre un véritable jeu de piste pour atteindre une vérité. Les stéréotypes qu’offre la diffusion d’un type d’images à la télévision provoquent des déductions évidentes faute d’autres informations.
Les différents tableaux qui composent cette vidéo n’ont rien d’évident et constituent la vision de mon séjour dans ces deux territoires.

En allant là-bas pour la seconde fois, j’ai voulu décrypter les scènes de vies. « Obvie » provient de la racine latine obvius qui signifie ce qui se trouve sur le passage, j’ai capturé les images comme elles venaient, au gré des déplacements. Différents tableaux défilent composés de touristes, militaires ou religieux dans des lieux de mêmes noms.
Constatant que l’histoire a tendance à se répéter, je me suis attachée aux redites (des visites dans un même lieu, dans la répétition des actes, des mouvements, dans la récurrence d’un motif, etc…). Dès lors, je pouvais m’attacher aux détails, analyser la situation, comprendre les histoires et faire des liens, tenter d’avoir une vision la plus large possible de l’espace dans lequel je me trouvais.

Les lieux ne sont pas sans importance donc, ils ont tous une résonance particulière, tombeau du Christ, mur des Lamentations, Yad Vashem (mémorial de la Shoah), Jérusalem, Hébron ou camp de réfugiés d’ Al-Arroub.

J’ai compris que trois axes majeurs s’inscrivent dans ces territoires , le conflit, le religieux et le quotidien.
Le montage fait le lien entre ces trois axes, le rythme joue également un rôle important, cela provoque des analogies. Les situations sont parfois absurdes et les associations de symboles créent des connexions notoires.

Ci dessous un paragraphe du texte de Florence Macagno, commissaire d’exposition, écrit pour l’exposition Fragments au Centre Chorégraphique National d’Orléans, visible dans son intégralité dans la rubrique « Actualités »:

« Obvie (2013) archive l’irrationnel induit par l’état d’urgence. La ruine architecturale trouve son corollaire dans l’organisation sociale. En réponse nous voyons des groupes humains accomplir des actes « rituels » dont la finalité n’est pas immédiate ou manifeste. Ceux-ci se repèrent par leur caractère répétitif et immuable. Le rite recouvre une série d’actions très précises, accomplies à un moment particulier et dans un ordre déterminé qui varie en fonction de critères eux-mêmes contrôlables. Obvie (2013) pose un regard critique sur cet ensemble d’habitudes codifiées dont la répétition mécanique tend à les vider de leur signification. De la ronde militaire au défilé de touristes, des balles traçantes à la procession religieuse, de la prière à la vidéo sur téléphone mobile, la succession de ces plans-séquences en montage parallèle, marque d’une part l’efficacité du performatif dans les rituels politiques – la double preuve du bien fondé de l’obéissance au pouvoir associé à une exaltation collective donnant à voir un idéal harmonieux d’une société et d’autre part l’angoisse individuelle générée par le décalage évident entre l’idéal poursuivi et la réalité politique concrète. »