Paramount

Paramount, 2017

Bois calciné,
150 x 90 x 45 cm

Construite sur des dimensions humaines, ce moule rappelle l’architecture des temples «Mandir», temples hindous. Leurs architectures est décidées en fonction de la position qu’adopte une divinité (assise, debout, couchée, etc.).
Paramount, signifie ce qui est primordial et ainsi renvoi au corps, toujours absent de mon travail.
Il est une sorte de présence se tenant debout et droit.

Soufflé à plusieurs reprises, aucun des soufflages ne m’ont satisfaite. Placé devant l’œuvre d’Aglaia Konrad pour l’exposition «Permanent déplacement» au Frac-Grand Large, elle évoque cette «part manquante», l’absence de la pièce sculptée, comme pour la falaise de Carrare.

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(…) Avec la technique du verre soufflé, Sarah Feuillas teste la résistance des matériaux. Elle réalise des structures en bois uniques, qui prennent la forme d’architectures souvent empruntées aux bâtiments du Bauhaus et deviennent des moules. L’artiste assiste le souffleur de verre dont des gestes sont rapides et physiques. Le moule s’embrase au contact du verre en fusion. Le verre se plie à ses formes et les déborde. La rencontre est violente. L’œuvre réunit après coup la forme en verre et son moule calciné, qui sont à nouveau enchâssés. Lors de l’exposition de ces pièces, les visiteurs sont contraints de se déplacer entre des socles imposants pour changer de point de vue. Il n’y a rien d’étonnant à ce que Sarah Feuillas se soit d’abord formée auprès de sculpteurs, comme Richard Deacon ou Emmanuel Saulnier, bien que son intérêt soit peut-être moins celui de la forme que de l’espace et de ses trouées, dans la lignée d’un Gordon Matta-Clark pour qui la ville était un terrain d’action. (…)

Keren Detton